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Titre des travaux : Collection et perspectives intellectuelles à Sienne dans la seconde moitié du XVIe siècle. Le cas d’Ippolito Agostini et de son musée
Thèse en cotutelle, Université Lumière Lyon 2 et Università di Roma – « La Sapienza », Roma (ITALIE)

Composition du jury :
Elisa ANDRETTA, CNRS – LARHRA, Directrice de thèse
Antonella ROMANO, EHESS, Co-directrice de thèse
Monica MARTINAT, Université Lyon 2 – LARHRA, Examinatrice
Didier BOISSEUIL, Université de Rouen Normandie – GRHis (Groupe de Recherche d’Histoire), Examinateur
José PARDO TOMÁS, Institució “Milà i Fontanals” Spanish National Research Council (CSIC), Examinateur
Vincenzo LAVENIA, Alma Mater Università di Bologna, Examinateur


Résumé :
La thèse explore les relations politiques qui s’expriment à travers un musée de naturalia, à travers sa construction, ses modalités d’exposition et les pièces qui y sont présentées. L’étude de cas choisie, le musée siennois du seigneur de Caldana, Ippolito Agostini, a permis d’observer le rôle joué par le palais, où étaient conservées les collections, où se déroulaient les activités savantes d’Agostini et où il recevait des visiteurs illustres, dans les processus d’hégémonie culturelle et politique mis en œuvre par les Médicis, compte tenu de la double identité du collectionneur siennois, étroitement lié à tous les grands-ducs toscans. L’enquête menée a révélé que cette dualité s’exprime également sur le plan de la production culturelle, où s’équilibrent de manière précaire les tendances à l’exaltation de la gloire artistique et linguistique passée de Sienne, bastion identitaire, et l’utilisation explicite des modèles d’exposition des Médicis, qui jouaient un rôle significatif dans les processus d’affirmation politique des Médicis. Outre les liens politiques, l’étude des activités menées au sein du palais d’Ippolito Agostini a ouvert une fenêtre importante sur la production de savoirs linguistiques, naturalistes et antiquaires dans la ville de Sienne. Encore une fois, on a pu réfléchir au réseau fondamental de relations que le seigneur de Caldana et les membres de son académie établissent avec des lettrés, des collectionneurs et des érudits de toute la péninsule, capables d’intégrer leurs connaissances à celles produites à Sienne, en les influençant et en étant influencés par elles. Ces relations sont également étudiées dans le contexte siennois, en cherchant à comprendre le rôle que joue le palais Agostini en tant que lieu de savoir dans la production de connaissances à Sienne, en relation avec des espaces déjà étudiés par l’historiographie, tels que l’université ou les académies locales, et d’autres moins étudiés, tels que le collège des jésuites et l’hôpital de Santa Maria della Scala. Enfin, un point central de cette recherche est la relation entre Sienne, en particulier les sujets et les espaces fréquentés par Ippolito Agostini, et les connaissances sur la nature provenant de contextes extra-italiens, tels que la Bohême, la Pologne, l’Espagne, la France et l’Allemagne, et extra-européens, en particulier en s’attardant sur les relations très étroites avec le Japon et l’intérêt, assez courant à l’époque, pour les Nouveaux Mondes.