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à Lyon, ISH, 14 avenue Berthelot, Salle Marc Bloch de 9h à 19h

Programme de la journée

Matin
Modérateur : Philippe Bordes (Université Lyon 2 – LARHRA)
9h45 : Accueil des participants
10h10-10h15 : Introduction Cyril Lécosse (Université Lyon 2-LARHRA)
10h15-10h45 : Jessica Fripp (University of Michigan), « Un portrait hors commerce? Maurice Quentin de la Tour, Adélaïde Labille-Guiard et le portrait d’amitié au XVIIIe siècle »
10h45-11h : discussion
11h-11h30 : Maria Teresa Caracciolo (CNRS), « Vers une « physiologie » du portrait ? Toiles peintes et carnets dessinés de Jean-Baptiste Wicar (1762-1834) »
11h30-11h45 : discussion
11h45-12h15 : Cyril Lécosse (Université Lyon 2 – LARHRA), « La mode des grandes miniatures : une nouvelle « économie » du petit portrait dans l’entourage de Jean-Baptiste Isabey (1767-1855) »
12h15-12h30 : discussion
Pause-déjeuner : 12h45-14h

Après-midi
Modérateur : Laurent Baridon (Université Lyon 2 – LARHRA)
14h15-14h45 : Isabelle Pech (Université Lyon 2), « Le portrait en série : les médaillons sculptés de Jean-Baptiste Nini (1717-1786) »
14h45-15h : discussion
15h-15h30 : Philippe Bordes (Université Lyon 2 – LARHRA) « Le sculpteur Joseph Chinard (1756-1813) et la vogue des portraits en médaillon »
15h30-15h45 : discussion
15h45-16h15 : Thierry Laugée (Université Paris IV), « Les médaillons de David d’Angers, un travail pour la gloire »
16h15-16h30 : discussion
16h30 : Clôture de la journée

Responsables scientifiques
Philippe Bordes (Professeur d’histoire de l’art moderne, Lyon 2 – LARHRA)
Cyril Lécosse (Docteur en histoire de l’art contemporain, Lyon 2 – LARHRA)
Contact : cyril.lecosse@gmail.com

Les textes produits par les intervenants-e-s seront édités à l’hiver 2012 sur le site du LARHRA (Laboratoire de Recherche Historique Rhône-Alpes – Université Lyon 2 – CNRS) (http://larhra.ish-lyon.cnrs.fr).

Résumé
L’objet de cette journée d’étude organisée dans le cadre des activités de recherche du LARHRA (Laboratoire de Recherche Historique Rhône-Alpes) est de permettre une meilleure appréhension des conditions économiques et sociales qui sous-tendent la production des portraits peints et sculptés dans un arc chronologique compris entre 1760 et la Monarchie de juillet. Une attention toute particulière sera portée à des formes de portraits relativement négligés des spécialistes mais qui témoignent d’une évolution notable des pr1atiques et du goût des contemporains (médaillons, miniatures, toiles de petites dimensions, dessins, pastels).

Présentation
Depuis une quinzaine d’années, l’histoire du portrait français entre 1760 et 1840 a suscité un certain nombre de travaux. Plusieurs études consacrées à des portraitistes, ou à des artistes ayant pratiqué le genre de façon plus occasionnelle, ont permis de préciser les cadres d’élaboration, de diffusion et de réception des portraits peints et sculptés durant cette période : Charles-Nicolas Cochin (1715-1790), Jean-Baptiste Nini (1717-1786), Jean-Antoine Houdon (1741-1828), Jacques-Louis David (1748-1825), Élisabeth Vigée Le Brun (1755-1842), Marguerite Gérard (1761-1837), Anne-Louis Girodet (1767-1825), Jean-Baptiste Isabey (1767-1855), Jean-Dominique Ingres (1780-1867), Pierre-Jean David dit David d’Angers (1788-1856)… En réservant une place de choix aux peintres et aux sculpteurs français de la période, l’exposition parisienne, Portraits privés, portraits publics, qui s’est tenue au Grand Palais en 2006-2007, s’inscrit dans cette dynamique.

Si les enjeux artistiques et historiques de la production des portraits peints et sculptés paraissent désormais mieux connus, les conditions économiques et sociales de leur réalisation doivent être précisées. En outre, les chercheurs ont le plus souvent focalisé leurs travaux sur l’étude d’œuvres majeures – grands portraits à l’huile, bustes de personnages célèbres – avant tout réservées à l’élite (la couronne, l’église, la noblesse) sans toujours tenir compte des autres modes de portraits réalisés à l’époque, pourtant nombreuses en raison des circonstances historiques. Tandis que sous la Révolution d’importantes ransformations politiques, économiques et sociales renforcent l’esprit d’individualisme, l’élargissement des publics entraîne une demande croissante de représentation de soi et favorise le développement de nouvelles formes de portrait. En témoigne la multiplication des supports de la mémoire affective : miniatures, dessins, médaillons, physionotraces, silhouettes, toiles de petites dimensions… Les études sont rares qui mettent en lumière les contextes de production et de commercialisation de ces formes qui, pour certaines d’entre elles, connaissent une diffusion spectaculaire. Le lien est patent avec les élans réformateurs et l’activisme politique des Lumières au Romantisme.

Quels enjeux artistiques sous-tendent ces motivations économiques et sociales ? Quels enjeux économiques et sociaux sous-tendent ces initiatives artistiques ? Quelles finalités commerciale, amicale, politique sont alors opérantes ? Quels publics impliquent-elles ? Comment ces formes relativement négligées de portraits témoignent-elles d’une évolution des pratiques et du goût des contemporains ? Ont-elles suscité des débats et des résistances ? Telles sont, parmi d’autres, les questions que cette journée d’étude devra aborder.