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Dans la première moitié du XXe siècle, le développement progressif du clergé catholique africain, puis son accès à des fonctions d’encadrement – parfois même à l’épiscopat, comme en Ouganda (1939) ou au Cameroun (1955) –, prépare le transfert de l’organisation missionnaire vers une organisation diocésaine, généralement dans les années 1960. Ce changement de paradigme est imposé par Rome, qui cherche à assurer le maintien du catholicisme dans les sociétés africaines, mais est souvent reçu avec réticence par les missionnaires, parce qu’il remet en cause leur place dans la hiérarchie coloniale et l’union entre mission et colonisation. Le colloque étudie l’évolution de ces différents acteurs, européens et surtout africains. Il met en valeur l’agency du clergé africain. Certains s’approprient le projet missionnaire en participant à l’appropriation du catholicisme par les sociétés, à son intégration dans les identités nationales en cours de formation et à la lutte contre d’autres influences (communisme). Pour d’autres, l’engagement social et politique passe par la lutte anticoloniale et la contestation des missionnaires. Le colloque s’interroge sur les identités complexes des prêtres africains. Ils appartiennent à une élite, religieuse mais aussi sociale et politique, qui apparaît comme tiraillée entre plusieurs pôles de fidélité : les congrégations qui ont formé les prêtres et auxquelles ils appartiennent parfois ; l’identité romaine qui, perçue comme un élément d’appartenance universelle, peut, par-delà les discriminations raciales, revêtir une dimension émancipatrice ; des appartenances locales parfois concurrentes (ethniques, régionales, nationales). En matière culturelle, le colloque se penche sur la tension entre l’européanisation promue par les missionnaires, aussi bien en termes de formation que de liturgie ou de mode de vie, et les dynamiques d’appropriation dont le clergé africain est acteur, en particulier à partir du concile Vatican II.

Pour assister au colloque, sur place comme en ligne, il est obligatoire de s’inscrire avant le 5 juin 2023 en écrivant à : edouard.coquet@efrome.it