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Journée organisée par Marion Maudet (Université Lumière Lyon 2 – CMW) et Bruno Dumons (CNRS – LARHA – Lyon)

Les rapports entre féminisme et catholicisme ne vont pas de soi. Ils seraient même antinomiques. Pourtant, depuis la fin du XIXe siècle, la transformation des sociétés occidentales qui a mené à la reconnaissance des droits des femmes, a conduit à leur mise en relation. Souvent conflictuelle, celle-ci s’est ouverte à la recherche d’un dialogue et de positions communes. Des moments ont été particulièrement propices à leur rencontre avec l’affirmation d’un féminisme républicain à la Belle Époque, les mouvements féministes des années 1970 revendiquant le
contrôle de leur corps, l’accès au plaisir en matière de sexualité, et dénonçant le modèle familial hétéronormé, les revendications des droits LGBT au cours des deux premières décennies 2000 ou encore plus récemment, les luttes contre les violences sexistes et sexuelles. Ces moments ont été particulièrement propices à des rencontres avec le catholicisme, marquées par le dialogue et des crispations. Le féminisme est progressivement devenu pluriel, l’antiféminisme également.


Dans l’espace d’un catholicisme français, plus largement francophone et occidental, s’est déployée une nébuleuse de groupes et de figures qui ont cherché à reconsidérer la place des femmes dans le système ecclésial et symbolique qui lui est propre. D’abord portée par les milieux d’une gauche progressiste, cette nébuleuse intègre d’autres visions aux accents plus conservateurs et traditionnels qui suscitent en son sein des rivalités d’influence. Loin des controverses, le plus souvent invisibles et silencieuses, attachées aux valeurs et aux rites du catholicisme, des femmes revendiquent davantage de reconnaissance et de liberté en s’appropriant une prise de parole, un exercice du pouvoir, une théologie, une spiritualité. Ces revendications, plus ou moins instituées, plus ou moins audibles, reposant sur des discours et des pratiques variées, conduisent vers un « catholicisme au féminin », lui aussi pluriel, au sein duquel se distinguent différents féminismes et antiféminismes aux frontières encore peu établies.

En croisant l’histoire et la sociologie, cette journée d’études vise, dans le cadre du catholicisme français et francophone, à prendre la mesure sur plus d’un siècle des évolutions entre la religion catholique et le monde des féminismes, à travers des études empiriques et des recherches inédites.