000

100

%

Titre des travaux : Le vestiaire de la nation. Une histoire des classes urbaines aisées de Syrie et du Liban au prisme de leurs pratiques vestimentaires (fin XIXe – milieu XXe siècles)


Composition du jury :

Monsieur Andrew Arsan, Professor of Arab and Global History, University of Cambridge, rapporteur,
Monsieur Manuel Charpy, Chargé de recherche au CNRS, examinateur,
Sylvia Chiffoleau, Directrice de recherche au CNRS, Directrice de la thèse
Madame Leyla Dakhli, Chargée de recherche au CNRS, examinatrice,
Vincent Lemire, Professeur des universités, Université Gustave Eiffel, co-directeur de la thèse
Madame Céline Regnard, Professeure d’histoire contemporaine, Université Aix-Marseille, rapporteure,
Madame Chantal Verdeil, Professeure des universités, INALCO, présidente du jury.



Résumé : Cette thèse se saisit du vêtement pour éclairer les mutations des sociétés syro-libanaises entre la fin de l’Empire ottoman et l’avènement des indépendances nationales. L’observation des pratiques, normes et discours élaborés et négociés par les membres des classes moyennes et bourgeoises urbaines démontrent que les fonctions sociales et politiques de l’habillement sont multiples. Une approche qualitative croisant sources écrites, iconographiques et matérielles donne à voir la mobilisation de différents vêtements et accessoires dans le processus de construction nationale, de distinction et de légitimation. L’habillement est un outil saisi de façon essentielle par ces acteurs et actrices pour valoriser leur classe, leur mode de vie, leur civilité, leur modernité et leur patriotisme, au travers de sa consommation, des gestes qu’il implique et des mises en scène qu’il autorise. Cette mobilisation est traversée de tensions dialectiques entre les mondes ruraux et urbains, les communautés confessionnelles, ethniques et sociales, et entre des courants idéologiques et nationalistes parfois violemment contradictoires. Elle est particulièrement vive en
ville, où l’apparence des hommes et surtout des femmes est empreinte de rapports de
forces. Dans un contexte impérial et colonial, l’habillement est un enjeu de production de savoirs qui participent à la catégorisation des sociétés ; ces savoirs sont ensuite repris par des acteurs et actrices qui prétendent jouer un rôle actif dans la construction de la nation.