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Plusieurs traits saillants caractérisent ce numéro. Tel est le cas, en particulier, de l’entretien avec l’historien Henry Rousso, qui, dans la rubrique Épistémologie en débats, explique le parcours complexe, depuis 2015, du projet de « musée-mémorial » du terrorisme entre nécessités citoyennes et contraintes politiques. On rencontre un autre type de musées dans l’un des varia avec l’article écrit à quatre mains par Muriel Cohen et Gaïd Andro sur la création de musées d’histoire populaire à Aubervilliers et à New York, éclairant par la mise en œuvre de l’étude comparative.

L’intérêt porté à la compréhension de l’histoire des sociétés modernes et contemporaines passe aussi par des réflexions articulant imaginaires sociaux et supports médiatiques.Tel est le cas pour la place occupée par les vagabonds dans les représentations sociales de la France des années 1830 (Cesare Esposito), au croisement de la pauvreté, de la déviance et du crime, ou celui de la mort de George Floyd, envisagée à travers la vidéo, support révélateur des formes actuelles de visibilité de la violence ciblée aux États-Unis (Florian Leniaud). L’introduction de la perspective médiatique est à la fois un prolongement et un renouvellement des sujets traités en leur temps par Michelle Perrot et Dominique Kalifa. Le lecteur, la lectrice pourra aussi faire son miel de l’enquête internationale, proposée par Jacqueline Lalouette, sur les statues publiques de personnages de fiction, de Peter Pan au Petit Prince en passant par Alice ou Batman.

La question des supports et des vecteurs se révèle essentielle dans ce numéro à d’autres titres, comme un fil rouge traversant les articles des différentes rubriques. Outre la statuaire publique ou la vidéo, il est question, par le biais d’une enquête collective, et toujours dans les Varia, de films fixes récréatifs réalisés en France à partir des années 1920, perçus comme un moyen de comprendre ce qui se joue en termes de culture scolaire, d’instruction religieuse et de loisirs médiatiques. Trois genres différents sont en outre envisagés dans la rubrique Fictions : le théâtre contemporain revisitant la Révolution française, envisagé à la fois comme reflet et ressource narrative (Guillaume Mazeau) ; le Napoléon de Ridley Scott, étudié sous l’angle de sa réception en France (Gaspard Delon) ou encore le spectacle historique de réalité virtuelle, Napoléon. L’épopée immersive, appréhendé dans une perspective critique(Jean-Charles Geslot). Enfin, la rubrique Médias et écritures de l’histoire propose, quant à elle, un retour d’expérience sur le podcast « Paroles d’histoire », créé en 2018 par André Loez : un bilan sur les conditions de production et de réception du podcast comme l’opération historiographique engendrée par cette forme sonore.

Fidèle à son projet la rubrique des Comptes rendus offre une rubrique critique fournie et diversifiée. Ce numéro 12 confirme ainsi la volonté de la Revue d’histoire culturelle d’explorer des approches variées, et d’ancrer les études proposées dans une réflexion approfondie sur les échelles d’analyse, les sociétés, les imaginaires ou les supports.

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