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Conception: Elisa Andretta (CNRS-LARHRA), Ariane Bayle (IHRIM-Lyon 3, IUF), Sonia Dollinger-Désert (Archives municipales de Lyon), Michel Jourde (IHRIM-ENS de Lyon), Jean-Claude Zancarini (Triangle) et Michelle Zancarini-Fournel (LARHRA-Lyon 1),
avec l’appui et l’inspiration de Hannah Davis Taieb.

Coordination: Elisa Andretta, Michel Jourde

Réalisation : ENS Média. Conception graphique : Coralie Passaret. Traitement de l’image : Vincent Brault

En 1952, Natalie Zemon Davis arrive à Lyon. Elle a vingt-trois ans et prépare une thèse sur les compagnons imprimeurs et la diffusion du protestantisme dans la ville au XVIe siècle. Au cours d’un séjour de six mois dans les archives lyonnaises, elle découvre un terrain d’enquête et un vaste ensemble de sources. C’est aussi une manière singulière d’interroger le passé qui commence alors à se dessiner : suivre des traces parfois ténues pour retrouver des hommes et des femmes, leurs gestes, leurs activités et leurs voix. Dans la ville, elle noue également des liens durables avec de jeunes étudiantes et étudiants dont elle partage les convictions et les intérêts intellectuels.

Elle quitte Lyon avec l’intention d’y revenir rapidement, mais le contexte politique du maccarthysme bouleverse ses projets. De retour aux États-Unis, elle est privée de passeport en raison de son engagement politique et de celui de son mari, le mathématicien Chandler Davis. Natalie Zemon Davis poursuit dès lors ses recherches à distance, sans rompre les liens tissés avec Lyon. Elle peut y revenir à partir de 1960 et continuera de le faire pendant plus de cinquante ans.

Au fil du temps se construit une longue relation avec la ville, faite de liens avec ses archives, ses bibliothèques et ses universités, mais aussi d’amitiés. Lyon accompagne ainsi une oeuvre et un parcours qui ne cessent de se déplacer et de se renouveler : de l’histoire sociale et culturelle à l’histoire des femmes, puis à celle des circulations entre langues, religions et espaces. Du petit peuple du Lyon du XVIe siècle à Martin Guerre, de Léon l’Africain aux trois femmes de Juive, catholique, protestante, les sujets, les espaces et les échelles changent, mais demeure une même attention aux vies saisies dans les archives.

Présentée aux Archives municipales de Lyon, l’exposition revient au lieu où cette histoire a commencé. Pour la première fois, des documents et des objets conservés de part et d’autre de l’Atlantique sont réunis, faisant dialoguer archives institutionnelles et fonds familiaux. Aux sources lyonnaises consultées par Natalie Zemon Davis dès 1952 répondent ses propres archives de travail, déposées à l’Université de Toronto et encore en cours de catalogage, ainsi que des documents et objets conservés par la famille de l’historienne. Notes manuscrites, correspondances, fiches de travail, objets personnels et documents anciens sont ainsi rapprochés pour la première fois.

Cette rencontre inédite permet d’entrer dans l’atelier de l’historienne et d’observer une recherche en train de prendre forme et d’évoluer au fil des années. On voit émerger des questions nées au contact direct des sources lyonnaises, qui ont accompagné Natalie Zemon Davis tout au long de son parcours et l’ont conduite vers des horizons toujours plus vastes.

L’exposition sera inaugurée le 16 septembre 2026 à 18h, en présence de Daniela Ansovini, archiviste de l’Université de Toronto chargée du fonds Natalie Zemon Davis, et de membres de la famille Davis. Le compositeur Aaron Davis et la chanteuse Adèle Huber interpréteront une mise en musique de poèmes écrits par Chandler Davis autour du travail d’historienne de Natalie Zemon Davis.

Le 8 octobre 2026 à 18h, aux Archives municipales de Lyon, une soirée de projection et de discussion sera consacrée à l’engagement de Natalie Zemon Davis en faveur des libertés académiques. Des extraits d’entretiens et d’une conférence seront suivis d’une intervention de Hannah Davis Taieb et d’une table ronde sur les libertés académiques aujourd’hui en France et aux États-Unis avec Thibaud Boncourt, Claude Gautier, Jean-Claude Zancarini et Michelle Zancarini-Fournel.

Les3 et 4 décembre 2026, les journées d’études Natalie Zemon Davis : l’histoire, les histoires réuniront Elisa Andretta, Ariane Bayle, Leora Auslander, Marie-Noëlle Bourguet, Roger Chartier, Michèle Clément, Grégoire Holtz, Michel Jourde, Monica Martinat, Manuela Martini, Rebecca Rogers, Antonella Romano, Jean-Claude Zancarini, Michelle Zancarini-Fournel. Une table ronde sera consacrée à la publication : Natalie Zemon Davis, Les femmes dans l’artisanat à Lyon au XVIe siècle, Lyon, Presse Universitaire de Lyon, 2026.