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La journée d’études souhaite analyser la production et la diffusion de savoir-faire (cuir, textile, verre, céramique,…) et de motifs (inscriptions, arabesques,…) à partir des foyers islamiques (al-Andalus, Maghreb, Syrie, Egypte…) vers l’Europe. En croisant les perspectives de l’histoire économique, de l’histoire de l’art, de l’histoire des collections et de celle des techniques, la journée d’études interroge la circulation d’objets et de normes de prestige et leurs inscriptions dans un espace économique et culturel commun – malgré les oppositions politiques et religieuses, ou en raison justement de leur lutte symbolique pour la prééminence.
L’analyse de la diffusion des «Arts du luxe» en Méditerranée, bien discutée déjà en bibliographie mais souvent dispersée par médiums, sera orientée sur les processus et les vecteurs qui ont permis aux Arts de l’Islam de devenir un des marqueurs culturels des élites méditerranéennes, aussi bien à la Renaissance, qu’au moment de la mise en mémoire de ces objets et de leur muséification. Par l’étude des objets, des acteurs, mais aussi des théoriciens, il s’agit de saisir les différentes échelles d’acclimatation d’un goût ‘arabe’, ainsi que les processus de transformations, d’interactions et d’appropriations qui l’ont accompagné.
L’étude de la connaissance et de l’emploi des inscriptions arabes ou pseudo-arabes, leurs transmissions ou leurs inventions, leurs études savantes, s’inscrit dans cette démarche, notamment pour penser, à l’aune des contacts et des hybridations, les catégories d’ornement, de calligraphie, de visible et de lisible.