000
100
%
Christo et Jeanne-Claude, The Gates, Central Park, New York City, février 2005.
Séance du Vendredi 14 mai 2027 :
Archiver l’éphémère
Interventions :
Damien Delille (INHA / LARHRA) : Des ephemera minoritaires : le cas des archives artistiques Jack Smith (1932-1989)
Marianne Jakobi (Université Clermont Auvergne / CHEC) : Inarchivable et éphémère
Séance coordonnée par Alice Ensabella et Marlen Schneider (UGA / LARHRA)
Lien pour participer à distance : https://visio.numerique.gouv.fr/zvr-wshe-kzl
_
Séminaire de l’axe « Arts, images, sociétés » (ArtIS)
Thématique 2026-2027 : L’éphémère
Au coeur de certaines formes artistiques contemporaines, notamment la performance, le body art, l’art environnemental, les installations ou les oeuvres réalisées avec des matériaux périssables, l’art participatif ou certaines formes d’art conceptuel, l’éphémère s’impose comme une catégorie esthétique fondamentale, à la fois relative à l’action elle-même, mais aussi aux objets impliqués ou résultant de ces pratiques. À l’époque moderne également, les exemples de créations éphémères sont nombreux, à l’instar des somptueux décors réalisés par les artistes pour les divertissements des cours ou encore les entrées royales solennelles qui constituaient des événements de prestige, mais limités dans le temps. Quelles sont les traces qui restent de ces oeuvres ainsi que des événements qu’elles accompagnaient ? Comment penser l’éphémère en tant qu’historien de l’art, quels sont les enjeux théoriques et méthodologiques autour de ces objets qui n’ont pas été réalisés pour perdurer ?
Lors du séminaire ArtIS 2026-2027, cette tension entre fugacité de certaines formes d’art et travail de mémoire, entre présence vécue et la volonté d’en garder une trace, sera proposée à la discussion. Nous aborderons l’éphémère comme partie intégrante de la création artistique, soit à travers les matériaux et techniques employés, soit à travers les processus de production et de
réception des oeuvres. L’éphémère peut être observé, mais échappe bien souvent à la logique de la représentation, tension que les artistes cherchent à saisir ; « Le vent, cela qui ne peut être peint » était le titre d’une exposition temporaire qui s’est tenue au Muma du Havre en 2022. Autre manifestation fugace, le geste est, lui-aussi, bien souvent l’objet de recherches artistiques, centrées sur le corps et son fonctionnement.
Dans certains cas, la destruction ou la dégradation des oeuvres était volontaire – pour des raisons pratiques et pragmatiques ou encore en tant que geste conscient de l’artiste lui-même. Toutefois, le caractère éphémère imposé par la fragilité des matériaux ou par de mauvaises conditions de conservation pouvait aussi poser problème aux artistes et collectionneurs, donnant lieu à des débats autour de la préservation des oeuvres et le perfectionnement des techniques artistiques.
La notion de l’éphémère invite ainsi à interroger les pratiques des conservateurs de musées et des historiens de l’art. Bien au-delà des mesures de restauration ou de reconstitution, la construction des savoirs historiques repose elle-aussi sur des formes de discours inscrites dans un temps limité, à l’instar de l’exposition temporaire qui est devenue un outil indispensable de la médiation muséale et culturelle. L’impact de ces événements sur l’évolution d’une carrière artistique, leur lien avec les dynamiques du marché de l’art ou encore la renommée d’une institution muséale semble évident et ne se limite pas à l’art contemporain. Comme l’a montré Francis Haskell dans son dernier ouvrage Le musée éphémère, l’essor des expositions temporaires a joué un rôle crucial pour la visibilité de certains maîtres anciens et par conséquent leur canonisation au sein de l’histoire de l’art. Il s’agit d’évaluer la place de telles pratiques éphémères au sein de la discipline et d’interroger, là aussi, la portée des sources qui en gardent une trace : catalogues, cartons d’invitations, dossiers de presse, photographies, plans d’accrochages et d’autres sources d’archives.
Programme de l’année à télécharger ci-contre.
Disponible aussi à la page des séminaires : Séminaires et Ateliers
Coordination :
Alice Ensabella (Univ. Grenoble Alpes, LARHRA)
Marlen Schneider (Univ. Grenoble Alpes, LARHRA)