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Organisé par Damien Delille et Marlen Schneider

À l’heure de l’omniprésence du visuel assurée par les nouveaux médias et les évolutions technologiques, il est peu surprenant d’observer une tendance manifeste au sein des sciences humaines et sociales à renforcer l’étude de la culture matérielle. Déjà théorisées et largement répandues parmi les sociologues, les anthropologues et les archéologues, les material culture studies occupent une place importante dans une société qui privilégie l’image virtuelle à l’objet physique. Les historiens de l’art ont aussi commencé à intégrer l’étude de la matérialité dans leurs approches méthodologiques, sans que les conséquences sur la discipline aient vraiment été évaluées. Au-delà des approches iconographiques et formalistes traditionnelles, ou des Bildwissenschaften plus récentes (qui proposent une analyse d’images et pas d’objets), l’histoire de l’art s’interroge de plus en plus sur les enjeux de la matérialité des œuvres et en découvre son potentiel heuristique.

Le séminaire ArtIS 2022-2023 consacré à “L’art et la matière” propose d’engager une réflexion sur la place qu’occupe la matérialité dans l’étude des objets et de leurs significations. En privilégiant l’interdisciplinarité et la diversité des approches théoriques, le tournant matériel de l’art invite à repenser les canons et les hiérarchies artistiques, les usages sociaux et le statut des objets. Il s’agit de dépasser une histoire de l’art trop concentrée sur le champ visuel et de considérer les différentes formes de sensualité que la matérialité (ou l’immatérialité) des objets peuvent impliquer : sons, textures, poids, format, odeurs etc. peuvent ainsi être pris en compte pour une meilleure compréhension de la production et de la réception des œuvres. Ainsi, la lecture des objets se trouve être enrichie de manière considérable, car la matière en elle-même est reconnue comme porteuse de sens.

De quelle manière se sont construites les études matérielles de l’art en relation avec l’approche anthropologique de la culture matérielle liée à l’histoire des techniques ? Comment les artistes et les discours sur l’art se sont emparés de la matière souvent jugée contraignante, pour en libérer tout son potentiel sensuel, poétique et symbolique ?  Quel rôle joue la matière, ses transformations physiques et métaphoriques, dans le statut toujours en évolution de l’œuvre d’art et de son rapport aux objets qu’elle représente, voire qu’elle incorpore ? Quelles connaissances les nouvelles technologies permettent-elles d’obtenir dans l’étude approfondie des matériaux anciens et récents ?

L’attention portée à la matérialité de l’art permettra d’approfondir le dialogue entre chercheurs universitaires et conservateurs de musées, confrontés davantage aux enjeux matériels des objets. Ces échanges porteront sur les périodes modernes et contemporaines, donnant l’occasion de spécifier des approches historiographiques propres aux objets d’études de ces périodes historiques.  

PROGRAMME 2023 (séance en présence recommandée) :

  • Vendredi 28 avril – 13h00-15h00, MSH Alpes Grenoble, Salle de réunion 2ème étage et en ligne

Les photographies en contexte ordinaire au prisme de leur matérialité

Séance coordonnée par Marie Blanc (Université Grenoble Alpes – LARHRA)

– Sylvain Besson (musée Nicéphore Niépce) – Conserver la photographie au musée Nicéphore Niépce : approche, matérialité, enjeux

– Laura Truxa (CRAL-CEHTA – EHESS) – La photographie, matière première du graphisme publicitaire des années 1950 à 1960

– Alice Morin (Philipps-Universität Marburg) – La trajectoire d’une photographie à travers ses supports de diffusion médiatiques : performances et itérations

Lien zoom: https://univ-grenoble-alpes-fr.zoom.us/j/96999915170?pwd=SFJMVnNkd3RBLzBRd3BWSCtoZ2xzdz09

  • Vendredi 12 mai – 13h00-15h00, MSH Lyon St Etienne, Salle Marc Bloch et en ligne 

Genre et matérialité des usages textiles et vestimentaires

Séance coordonnée par Damien Delille (Université Lumière Lyon 2-LARHRA)

Suzanne Lassalle (musée des Tissus de Lyon) – Production des fils de soie et d’or et main d’œuvre féminine dans la Florence de la Renaissance

Manuela Martini (Université Lumière Lyon 2-LARHRA) – La production de dentelle à Lyon dans les années 1820-30

Lien zoom : https://cnrs.zoom.us/j/97112541523?pwd=YU9GUHB1MjBVemQyUGZDbGFwZ1FLQT09

ID de réunion : 971 1254 1523     Code secret : vjqvP7