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Titre des travaux : L’éclipse d’une souveraineté.. Territorialités effacées, recomposées et concurrentes dans les États de Savoie occupés par le royaume de France (1536 – vers 1559)

Composition du jury :

Sylvène Édouard, Professeure des Universités, Université Jean Moulin Lyon 3, Examinatrice
Stéphane Gal, Professeur des Universités, Université Grenoble Alpes, Directeur de thèse
Naïma Ghermani, Professeure des Universités, Université Grenoble Alpes, Examinatrice
Nicolas Le Roux, Professeur des Universités, Sorbonne Université, Examinateur
Blythe Alice Raviola, Associate Professor, Università degli studi di Milano, Rapporteure
Matthew Vester, Full Professor, West Virginia University, Rapporteur



Résumé : 

« De 1536 à 1559, le royaume de France occupe une grande partie des États du duc de Savoie. Alors que les guerres d’Italie bouleversent déjà l’Europe de l’Ouest depuis quelques dizaines d’années, François Ier s’empare de la quasi-totalité de la principauté de Charles III, son oncle, et renforce son emprise sur les Alpes, éclipsant ainsi le pouvoir de la Maison de Savoie. La situation se prolonge jusqu’en 1559 avec la restitution de la plupart des territoires confisqués à la faveur du traité du Cateau-Cambrésis. La présente thèse s’attache à comprendre, à travers ce cas particulier et à la faveur d’une chronologie resserrée, les ressorts de la substitution d’un pouvoir par un autre alors qu’émerge l’État moderne : comment s’affirme une nouvelle autorité sur un territoire ? De quelles manières peuvent réagir les populations locales et les pouvoirs en place ? Quels devenirs pour le prince déchu ? L’approche choisie s’intéresse tout particulièrement à la dimension spatiale de ces reconfigurations qui placent les territoires occupés au cœur des manœuvres de chaque acteur.

L’étude s’ouvre et se ferme avec les deux bornes que sont la conquête de François Ier en 1536 et la restitution de 1559. Un aller-retour constant entre le contexte européen et ce qui se passe au plus près du terrain permet de saisir le changement de souveraineté comme un processus qui ne saurait se résumer à un seul événement et dont l’analyse des circonstances et des modalités implique une temporalité plus épaisse. Entre ces deux ruptures, la thèse se décline en trois temps qui viennent éclairer la manière dont les différents acteurs naviguent dans cette période de recompositions politiques et territoriales. La première partie met en évidence les modalités de l’affirmation, se voulant durable, du pouvoir royal sur les territoires occupés et l’enrégimentement de ceux-ci au service des ambitions italiennes de François Ier puis d’Henri II. Un deuxième temps est consacré à la réaction des habitants et des pouvoirs locaux à cette nouvelle donne. Si l’accommodation, la négociation et la collaboration restent la norme, la persistance de formes diverses de refus du pouvoir royal permet de nuancer l’idée d’une occupation pleinement consentie. Enfin, la dernière étape de ce cheminement s’attache à démontrer que le pouvoir des Savoie ne disparaît pas totalement et que les deux ducs qui se succèdent durant cette période, — Charles III et Emmanuel-Philibert — loin de s’effacer, déploient une grande énergie à maintenir l’espoir d’une restitution. »